24 Mai La Vanguardia interviewe Daniel Sererols Villalón
La Vanguardia interviewe Daniel Sererols Villalón : la grande erreur entre voisins est d’attendre trop longtemps
Il y a quelques jours, j’ai eu l’opportunité de participer à une interview publiée dans La Vanguardia sur la médiation de voisinage et la médiation communautaire. Ce fut une conversation intéressante, car elle a permis de rapprocher de nombreuses personnes d’une réalité que j’observe fréquemment dans mon travail quotidien comme médiateur de conflits et avocat à Barcelone : la majorité des problèmes de coexistence ne commencent pas comme de grands conflits.
Souvent, ils commencent par de petites situations :
Un bruit qui dérange.
Une conversation qui n’a jamais lieu.
Un sentiment de manque de respect.
Une discussion dans une copropriété.
Un désaccord entre voisins.
Une tension dans une association ou dans un environnement communautaire.
Et peu à peu, ce qui semblait être quelque chose de ponctuel prend beaucoup plus d’espace qu’il ne le devrait.
Le titre choisi par La Vanguardia résumait une situation que je vois se répéter fréquemment :
« La grande erreur entre voisins est de laisser passer des mois ou des années, accumuler de la colère et demander de l’aide lorsqu’il ne reste plus de confiance entre les parties. »
Et c’est probablement l’une des questions les plus importantes lorsque nous parlons de médiation communautaire et de médiation de voisinage.
De nombreuses personnes cherchent de l’aide lorsque le conflit est déjà installé depuis trop longtemps.
Quand les reproches sont déjà apparus.
Quand des étiquettes ont été créées.
Quand les personnes impliquées ont pratiquement cessé de se parler.
Quand chaque geste est interprété à travers la méfiance.
Et alors, le problème initial cesse, en réalité, d’être le véritable conflit.
Parce que le conflit ne tourne plus autour du bruit, d’une assemblée compliquée ou d’un désaccord concret.
Le conflit devient la relation.
La médiation communautaire va bien au-delà d’une copropriété
Parfois, la médiation communautaire est uniquement associée aux problèmes au sein des communautés de voisins, mais sa portée est beaucoup plus large.
La médiation communautaire peut intervenir, entre autres situations, dans :
- les conflits entre voisins ;
- les problèmes de coexistence ;
- les désaccords dans les copropriétés ;
- les tensions dans les associations de quartier ;
- les conflits entre entités ;
- les problèmes liés à l’utilisation d’espaces partagés ;
- les situations de coexistence dans les quartiers ou environnements communautaires ;
- les divergences qui affectent la vie quotidienne d’une communauté.
En définitive, nous parlons de situations où des personnes qui partagent des espaces, des intérêts ou des relations ont besoin de retrouver quelque chose qui, bien souvent, s’est perdu : la possibilité de parler et de s’écouter.
Barcelone et sa zone métropolitaine sont des espaces particulièrement divers et dynamiques. Nous partageons des immeubles, des espaces publics, des équipements et des façons très différentes de comprendre la coexistence.
Cela fait que les conflits apparaissent relativement facilement.
Et le fait que des conflits apparaissent ne signifie pas nécessairement que quelque chose fonctionne mal.
Le problème surgit généralement lorsque les espaces de dialogue disparaissent.
Quand est-il conseillé de faire appel à un médiateur de conflits de voisinage ?
Il n’existe pas de réponse exacte, mais il y a une chose que l’expérience m’a enseignée : plus l’on intervient tôt, plus les possibilités de réorienter la situation sont grandes.
Beaucoup de personnes attendent en pensant :
« Cela se résoudra tout seul. »
« Je préfère ne pas y accorder d’importance. »
« Je ne veux pas aggraver les choses. »
Mais pendant ce temps, le malaise continue de grandir.
Et ce qui aurait pu être abordé par une conversation finit par devenir une situation beaucoup plus difficile.
Demander de l’aide tôt n’est pas un signe de faiblesse.
Dans de nombreux cas, c’est une décision intelligente.
En tant que médiateur de conflits de voisinage et communautaires à Barcelone, j’ai pu constater qu’intervenir à temps permet de travailler non seulement sur le problème concret, mais aussi sur la relation et la coexistence future.
Parce que lorsque les personnes continueront à partager des espaces, des rues, des immeubles ou des quartiers, trouver des solutions durables est souvent plus important que gagner une discussion ponctuelle.
Une réflexion finale
Je remercie sincèrement La Vanguardia, et tout particulièrement Joel Sáez, d’avoir consacré un espace à la médiation communautaire et à la résolution dialoguée des conflits. Donner de la visibilité à ces outils aide davantage de personnes à connaître l’existence d’alternatives et à comprendre que demander de l’aide avant d’arriver à des situations extrêmes peut faire une grande différence.
Si vous traversez un conflit de voisinage, une situation compliquée dans une copropriété ou un problème de coexistence et que vous souhaitez étudier des options, vous pouvez me contacter.
Daniel Sererols Villalón
Médiateur de conflits et avocat
Inscrit auprès du ministère de la Justice, du Centre de Médiation de Catalogne et de l’ICAB
Barcelone
« Interview publiée initialement dans La Vanguardia »