Et qu’en est-il des droits des petites-filles et des petits-fils ?

Et qu’en est-il des droits des petites-filles et des petits-fils ?

Le droit des mineurs à maintenir des relations avec leurs grands-parents et les autres membres de leur famille

Une question que j’entends de plus en plus souvent comme médiateur familial à Barcelone

En tant que médiateur familial à Barcelone, je reçois de plus en plus de demandes concernant des grands-pères et des grands-mères qui ont cessé de voir leurs petits-enfants.

Il ne s’agit pas de cas isolés. Il s’agit de situations qui se répètent encore et encore.

Séparations conflictuelles, désaccords familiaux, tensions entre générations, conflits successoraux ou ruptures entre membres d’une même famille qui finissent par affecter ceux qui ont le moins de responsabilité dans le problème.

Souvent, les adultes cessent de se parler et, par conséquent, les mineurs cessent d’entretenir des relations avec une partie importante de leur famille.

Dans de nombreux cas, la question est formulée de la manière suivante :

Les grands-parents ont-ils le droit de voir leurs petits-enfants ?

C’est une question importante et la loi apporte des réponses.

Cependant, il existe une autre question qui mérite la même attention :

Qu’en est-il des droits des mineurs eux-mêmes ?

Les conflits des adultes continuent de nuire aux mineurs

Cette réalité n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, nous parlons de l’importance de protéger les enfants des conflits familiaux. Pourtant, cela continue de se produire.

Les adultes se disputent. S’éloignent les uns des autres. Rompent leurs relations.

Et, bien souvent, ce sont les mineurs qui en subissent les conséquences.

Un enfant cesse de voir son grand-père. Une petite fille perd le contact avec une tante avec laquelle elle entretenait une relation très étroite. Un adolescent cesse de passer du temps avec des cousins qu’il considère comme faisant partie de sa famille la plus proche.

Et tout cela sans avoir participé au conflit.

En tant que médiateur familial à Barcelone, j’observe également une réalité préoccupante : les situations dans lesquelles des grands-parents perdent le contact avec leurs petits-enfants en raison de conflits avec leurs fils, leurs filles, leurs gendres ou leurs belles-filles sont de plus en plus fréquentes.

Dans de nombreux cas, il n’existe aucune raison objective justifiant cette rupture.

Nous ne parlons pas de situations de danger pour les mineurs ni de comportements qui justifieraient une limitation des relations.

Nous sommes simplement face à des conflits entre adultes.

Et pourtant, ce sont les enfants qui en supportent les conséquences.

Au-delà des parents : l’importance de la famille élargie

Lorsque nous parlons de famille, nous pensons généralement aux mères, aux pères et aux enfants.

Pourtant, la réalité familiale est bien plus riche et complexe.

Les grands-pères et les grands-mères jouent souvent un rôle fondamental dans la vie de nombreux mineurs.

Ils transmettent des valeurs. Partagent leurs expériences. Apportent une stabilité émotionnelle. Offrent leur soutien dans les moments difficiles. Aident à comprendre l’histoire familiale et à construire leur propre identité.

Mais ils ne sont pas les seuls.

Les oncles et les tantes, les cousins, les parrains et marraines, ainsi que d’autres proches qui font partie du quotidien de l’enfant, peuvent également jouer un rôle essentiel.

C’est pourquoi, lorsque ces liens disparaissent à la suite de conflits entre adultes, il convient de s’interroger sur l’impact réel que cette perte peut avoir sur les enfants.

Que dit la loi ?

L’article 160 du Code civil espagnol dispose que les relations personnelles du mineur avec ses frères et sœurs, ses grands-parents et les autres membres de sa famille ou proches ne peuvent être empêchées sans juste motif.

L’objectif de cette protection ne consiste pas uniquement à reconnaître des droits aux adultes.

Son objectif principal est de protéger l’intérêt supérieur de l’enfant.

Ainsi, lorsque les tribunaux analysent ce type de situation, la question fondamentale est généralement la suivante :

Est-il bénéfique pour le mineur de maintenir cette relation ?

Si la réponse est positive et qu’aucune circonstance ne s’y oppose, l’ordre juridique tend à protéger ces liens familiaux.

Que prennent en compte les tribunaux dans les conflits entre grands-parents et petits-enfants ?

Lorsqu’il n’est pas possible de parvenir à un accord au sein de la famille, les conflits entre grands-parents et petits-enfants peuvent finir devant les tribunaux.

Dans ces situations, les juges ne se concentrent généralement pas sur l’existence ou non d’un droit absolu des grands-parents à voir leurs petits-enfants.

La question essentielle est plutôt de déterminer si le maintien de cette relation est bénéfique pour le mineur et conforme à son intérêt supérieur.

Pour cette raison, les tribunaux examinent notamment la qualité de la relation existante entre les grands-parents et les petits-enfants, les liens affectifs construits au fil du temps, l’opinion du mineur lorsque son âge et sa maturité le permettent, ainsi que l’existence éventuelle de circonstances susceptibles de nuire à son bien-être.

Chaque famille est différente et chaque situation nécessite une analyse individualisée.

C’est précisément pour cette raison que, avant que le conflit ne soit porté devant les tribunaux, la médiation familiale peut offrir un espace de dialogue permettant d’explorer des solutions adaptées aux besoins de toutes les personnes concernées, en particulier ceux des mineurs.

Ainsi, il est souvent possible de préserver des relations familiales importantes sans ajouter de nouvelles tensions à une situation déjà délicate.

Le grand droit oublié : le droit des mineurs à être entendus

Il existe également une question qui mérite une attention particulière.

Les mineurs ont le droit d’être entendus dans les procédures qui les concernent.

Pourtant, dans la pratique, il est encore fréquent que les adultes parlent constamment des enfants sans réellement écouter leur voix.

Les parents donnent leur avis. Les avocats présentent leurs arguments. Les membres de la famille exposent leurs positions.

Mais bien souvent, personne ne demande à l’enfant comment il vit la situation.

Écouter un enfant ne signifie pas lui transférer la responsabilité de décider.

Cela signifie reconnaître qu’il possède sa propre voix et qu’elle mérite d’être prise en considération.

En tant que médiateur familial à Barcelone, j’ai constaté à de nombreuses reprises que lorsque l’on parvient à recentrer la discussion sur les besoins réels des mineurs, la conversation entre les adultes change complètement.

Quels sont les droits des enfants lorsque les adultes rompent leurs relations familiales ?

Lorsque nous parlons de conflits entre grands-parents, parents, fils et filles, nous concentrons souvent notre attention sur les droits des adultes.

Pourtant, les mineurs disposent également de droits propres qui doivent être protégés.

Droit à l’intérêt supérieur de l’enfant

Toute décision affectant un enfant doit être prise en tenant compte avant tout de ce qui est le plus bénéfique pour son bien-être et son développement.

Ce principe constitue la base de toute la réglementation relative à la protection de l’enfance.

Droit d’être entendu

Les mineurs ont le droit d’exprimer leur opinion sur les questions qui les concernent.

Écouter un mineur ne signifie pas l’obliger à décider ni lui transférer des responsabilités qui incombent aux adultes.

Cela signifie reconnaître qu’il possède sa propre voix et qu’elle mérite d’être prise en considération.

Droit de maintenir des relations familiales significatives

La législation protège les relations des mineurs avec leurs grands-parents, leurs frères et sœurs, d’autres membres de leur famille ainsi que des personnes proches lorsque ces relations sont positives pour leur développement.

Pour cette raison, la rupture des liens familiaux ne devrait pas se produire automatiquement à la suite de conflits entre adultes.

Droit de préserver son identité familiale

Les enfants ont le droit de connaître et de maintenir des liens avec les personnes qui font partie de leur histoire familiale et qui contribuent à la construction de leur identité personnelle.

Droit de grandir dans un environnement émotionnellement sain

Les mineurs ont le droit de se développer dans un environnement favorisant leur stabilité émotionnelle et psychologique.

Les conflits familiaux sont parfois inévitables, mais les adultes ont la responsabilité d’en limiter l’impact sur les enfants.

Droit de ne pas être utilisés dans les conflits des adultes

Les mineurs ne devraient jamais devenir des messagers, des alliés involontaires ou des instruments de pression au sein des conflits familiaux.

Protéger les mineurs implique d’éviter qu’ils supportent des charges émotionnelles qui ne leur appartiennent pas.

Tous ces droits trouvent leur fondement dans la Convention internationale relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, dans la Loi organique espagnole 1/1996 sur la protection juridique du mineur, dans le Code civil espagnol et dans le Code civil de Catalogne.

Texte de la Convention relative aux droits de l’enfant | UNICEF

 

Les mineurs n’appartiennent à personne

Les mineurs n’appartiennent à personne.

Aujourd’hui, ils sont fils et filles. Ils sont aussi petits-fils, petites-filles, neveux et nièces.

Demain, ils seront des adultes qui construiront leur propre opinion sur leur histoire familiale et sur les relations que l’on aura favorisées, ou empêchées, durant leur enfance.

Cette réflexion devrait nous accompagner chaque fois que nous prenons des décisions qui affectent les relations familiales de nos enfants.

Car les conflits des adultes peuvent être temporaires.

Les conséquences pour les mineurs, en revanche, peuvent se prolonger pendant de nombreuses années.

La médiation familiale peut aider

Tout au long de mon activité de médiateur familial à Barcelone, je suis intervenu dans des situations très diverses liées aux conflits entre générations, aux difficultés de communication entre parents et enfants, aux désaccords familiaux ainsi qu’aux cas dans lesquels des grands-parents, des petits-enfants et d’autres membres de la famille ont perdu le contact.

Mon expérience m’a permis de constater que, dans de nombreux cas, il n’existe pas de problème juridique insurmontable.

Ce qui existe, c’est une rupture de la communication.

La médiation familiale offre un espace sûr et confidentiel où les personnes peuvent exprimer leurs préoccupations, écouter les besoins des autres et explorer des solutions possibles sans aggraver le conflit.

Il n’est pas toujours possible de rétablir toutes les relations.

Il n’est pas toujours possible de parvenir à des accords complets.

Mais il est fréquent que des avancées importantes soient réalisées et permettent de reconstruire des ponts qui semblaient définitivement rompus.

Lorsque des mineurs sont impliqués, chaque pas permettant d’améliorer la communication entre les adultes peut avoir un impact très positif sur leur bien-être présent et futur.

Si vous vous trouvez dans une situation de ce type et que vous recherchez un médiateur familial à Barcelone, je serai ravi d’examiner avec vous les différentes options disponibles et de vous aider à explorer des voies de dialogue.

Car, dans bien des cas, protéger les mineurs consiste aussi à aider les adultes à recommencer à s’écouter.

Une réflexion finale

Pendant des années, nous nous sommes demandé si les grands-parents avaient le droit de voir leurs petits-enfants.

C’est une question importante.

Mais ce n’est peut-être pas la seule.

Nous devrions peut-être également nous demander si les enfants ont le droit de conserver les relations familiales qui contribuent positivement à leur bien-être, à leur développement émotionnel et à la construction de leur identité.

Car lorsque les adultes cessent de dialoguer, ceux qui risquent de perdre le plus sont précisément ceux qui portent le moins de responsabilité dans le conflit.

Et c’est malheureusement une réalité que je continue d’observer trop souvent dans mon travail de médiateur familial à Barcelone.

 

Daniel Sererols Villalón

Médiateur de conflits et conciliateur privé inscrit auprès du Ministère de la Justice, du Centre de Médiation de Catalogne et du Centre ADR de l’ICAB. Membre de l’Association des Professionnels de la Médiation de Catalogne (ACDMA).

Spécialisé en médiation familiale à Barcelone et dans la résolution extrajudiciaire des conflits familiaux, de voisinage, successoraux et commerciaux.

◆ Téléphone : 661 463 306
◆ Courriel : daniel@mediadorconflictos.com

Barcelone, le 20 juin 2026.